Le câble réseau, c’est souvent le grand oublié d’un projet de vidéosurveillance. On passe du temps à choisir les bonnes caméras, le bon enregistreur, le bon emplacement des équipements — et on bâcle le câblage avec ce qui traîne dans l’atelier. Résultat : une image qui saccade, une caméra qui décroche régulièrement du réseau, ou pire, une installation qui ne monte jamais à la résolution promise. Chez Protech Alarme Vidéo, on voit régulièrement ce type de problème lors de nos diagnostics sur des installations existantes. La bonne nouvelle, c’est qu’il est évitable, à condition de comprendre ce que recouvre vraiment la notion de “catégorie de câble RJ45” et ce qu’elle implique concrètement pour la vidéosurveillance IP.
Sommaire ►
- Les catégories de câbles RJ45 : ce que signifient vraiment Cat5e, Cat6, Cat6a et Cat7
- Blindage, âme et composition : les critères techniques qui font la différence
- Quelle catégorie choisir pour la vidéosurveillance IP ?
- PoE, distance et contraintes terrain : les points de vigilance à l'installation
- L'avis de notre expert
Les catégories de câbles RJ45 : ce que signifient vraiment Cat5e, Cat6, Cat6a et Cat7
Le connecteur RJ45 est partout : sur les switches réseau, les caméras IP, les enregistreurs NVR, les bornes Wi-Fi. Mais derrière ce connecteur standardisé, le câble qui y est sertis peut appartenir à des catégories très différentes, avec des performances sans commune mesure. Ces catégories sont définies par des normes internationales — principalement les normes ISO/IEC 11801 et TIA-568 — qui établissent les exigences minimales en matière de bande passante, d'atténuation et de diaphonie.
Voici les principales catégories que vous rencontrerez sur le terrain :
- Cat5e (Enhanced Category 5) : c'est la catégorie minimale encore utilisée aujourd'hui pour les installations réseau. Elle supporte des débits jusqu'à 1 Gbps sur une distance de 100 mètres, avec une bande passante de 100 MHz. Elle était la norme absolue dans les années 2000-2010 et reste courante dans les bâtiments anciens. Pour la vidéosurveillance standard (caméras HD 2 mégapixels, flux H.264), elle est techniquement suffisante — mais elle laisse peu de marge pour l'avenir.
- Cat6 : la catégorie qui s'est imposée comme standard de facto pour les nouvelles installations depuis une dizaine d'années. Elle monte à 1 Gbps sur 100 mètres et offre une bande passante de 250 MHz, soit 2,5 fois celle du Cat5e. Les paires torsadées sont plus serrées, ce qui réduit significativement la diaphonie (interférence entre paires). En vidéosurveillance, le Cat6 est la référence pour les installations actuelles.
- Cat6a (Augmented Category 6) : la version renforcée du Cat6, avec une bande passante portée à 500 MHz et la capacité à transporter du 10 Gbps sur 100 mètres. Le câble est plus épais, plus rigide, et généralement blindé. C'est le choix privilégié pour les dorsales internet, les switches principaux, et les installations professionnelles à haute densité de caméras 4K ou 8 mégapixels.
- Cat7 et Cat7a : ces catégories offrent une bande passante de 600 MHz (Cat7) à 1 000 MHz (Cat7a) avec un blindage renforcé de chaque paire individuelle ainsi que du câble global. Techniquement impressionnants, ils sont surtout utilisés dans des infrastructures type datacenter ou des environnements à très forte contrainte électromagnétique. En vidéosurveillance standard, le surcoût se justifie rarement.
- Cat8 : réservé aux environnements datacenter et aux liaisons courtes à très haut débit (25 à 40 Gbps sur moins de 30 mètres). Inutile en vidéosurveillance terrain.
Une précision importante que nous faisons systématiquement à nos clients : la catégorie imprimée sur la gaine extérieure du câble est celle déclarée par le fabricant. Sur un câble de qualité médiocre acheté à très bas prix, les performances réelles peuvent être bien inférieures à la catégorie affichée. C'est une des raisons pour lesquelles nous travaillons uniquement avec des câbles de fabricants reconnus dont les produits sont testés et certifiés.
Vous avez un projet de vidéosurveillance à câbler ? Contactez-nous pour un conseil gratuitBlindage, âme et composition : les critères techniques qui font la différence
La catégorie n'est qu'une partie de l'équation. Deux câbles de catégorie identique peuvent se comporter de façon radicalement différente selon leur construction interne. Comprendre ces différences permet de faire des choix éclairés, notamment pour les installations en environnement difficile.
La composition de l'âme : cuivre massif ou cuivre brin ?

Les câbles réseau existent en deux versions principales selon la nature de l'âme conductrice. Le câble à âme rigide (cuivre massif) est composé d'un conducteur plein par paire. Il offre de meilleures performances électriques sur de longues distances et s'utilise pour les poses en infrastructure fixe : chemins de câbles, faux plafonds, murs. C'est le type que nous utilisons systématiquement pour le câblage structuré en toron.
Le câble souple (multibrins), lui, est composé de plusieurs fins brins de cuivre torsadés ensemble. Plus flexible, il est destiné aux cordons de brassage, aux connexions mobiles ou aux équipements que l'on déplace régulièrement. Poser du câble souple en infrastructure fixe est une erreur courante : sur de longues distances, l'atténuation du signal est supérieure à celle du massif, et les performances réelles chutent.
Les types de blindage : U/UTP, F/UTP, S/FTP…
Le blindage est l'autre variable clé, particulièrement importante en vidéosurveillance car les câbles cheminent souvent à proximité de câbles d'alimentation, de néons, d'onduleurs ou de moteurs électriques — autant de sources d'interférences électromagnétiques. La nomenclature peut sembler cryptique, mais elle suit une logique claire :
- U/UTP (Unshielded Twisted Pair) : aucun blindage, ni autour des paires, ni autour du câble. C'est le câble le plus basique et le plus économique. Fonctionnel dans des environnements propres sur le plan électromagnétique, il est insuffisant dans les bâtiments industriels ou à proximité d'équipements électriques puissants.
- F/UTP : un feuillard aluminium (ou cuivre) entoure l'ensemble des paires, mais chaque paire n'est pas blindée individuellement. Ce type de blindage global protège correctement contre les interférences externes. C'est un bon compromis pour la majorité des installations de vidéosurveillance.
- S/FTP (ou SF/UTP) : blindage par tresse autour du câble global, en complément d'un feuillard individuel sur chaque paire. Niveau de protection maximal contre les interférences et la diaphonie. C'est la construction que l'on retrouve sur les câbles Cat7 et Cat7a.
- F/FTP : feuillard global + feuillard individuel sur chaque paire. Bonne protection, câble plus maniable que le S/FTP, souvent choisi pour les Cat6a en environnement professionnel.
Lors d'une installation dans un entrepôt logistique du côté de Mérignac, nous avons dû faire face à un problème récurrent : les caméras Hikvision positionnées à proximité des quais de chargement présentaient des pertes de liaison répétées. Après diagnostic, la cause était claire — les câbles U/UTP posés lors d'une installation antérieure cheminaient dans le même chemin de câbles que les alimentations des chariots élévateurs électriques. Remplacement par du F/UTP Cat6 correctement séparé : plus aucun incident depuis.
Vous rencontrez des instabilités sur votre réseau de caméras ? Demandez un diagnostic sur siteQuelle catégorie choisir pour la vidéosurveillance IP ?
C'est la question que tout le monde se pose, et la réponse dépend de plusieurs paramètres : la résolution des caméras, le nombre de flux simultanés, les distances à couvrir et le budget. Voici notre grille de lecture.
Pour une installation résidentielle ou un petit commerce
Dans la grande majorité des installations résidentielles — domotique, maison individuelle, appartement avec quelques caméras 2 à 5 mégapixels — le Cat6 U/UTP à âme rigide est amplement suffisant. Il offrira de bonnes performances, une durée de vie correcte, et ne nécessite pas de blindage particulier si le câblage est proprement réalisé, séparé des alimentations et sans source d'interférences significative à proximité.
Le Cat5e peut encore dépanner sur des installations légères, mais nous déconseillons de le poser sur de nouveaux chantiers : pour quelques centimes de plus au mètre, le Cat6 offre une marge confortable pour les années à venir, notamment avec l'essor des caméras 4K qui deviennent le standard d'entrée de gamme chez des fabricants comme Dahua ou Hikvision.
Pour un site professionnel avec des caméras haute résolution
Dès qu'on monte en densité — commerce de taille moyenne, entrepôt, parking, site industriel — et que les caméras sont en 4K (8 mégapixels) ou en 5 mégapixels avec analyse vidéo intégrée, le passage au Cat6 F/UTP (blindé global) devient la recommandation standard. Le blindage apporte une protection bienvenue contre les interférences, et la bande passante supplémentaire laisse de la marge pour les flux multiples.
Pour les backbones — c'est-à-dire les liaisons entre le switch principal et les sous-répartiteurs — nous recommandons systématiquement du Cat6a F/FTP. Ces liaisons concentrent l'ensemble du trafic vidéo du site, et une qualité de câble inférieure peut créer des goulots d'étranglement invisibles qui se manifestent sous forme de ralentissements ou de pertes d'image aux heures de pointe.
Le cas particulier des environnements difficiles
Certains environnements imposent des contraintes supplémentaires qui vont au-delà de la simple catégorie. Pour les poses en extérieur, il faut impérativement utiliser des câbles avec une gaine PE (polyéthylène) résistante aux UV et à l'humidité — contrairement aux gaines PVC standards qui se fragilisent rapidement sous l'effet des cycles thermiques et de l'exposition solaire. Pour les zones soumises à des températures extrêmes (locaux non chauffés en montagne, zones industrielles proches de fours), des câbles à gaine LSOH (Low Smoke Zero Halogen) ou à large plage de température sont à privilégier.
Pour les installations souterraines — un cas que nous rencontrons régulièrement pour relier des bâtiments sur un même site — le câble doit être de type armé (avec une protection mécanique supplémentaire) ou posé en tube PEHD. Un câble réseau standard enterré directement sans protection ne tiendra pas deux ans dans un sol humide.
PoE, distance et contraintes terrain : les points de vigilance à l'installation
La vidéosurveillance IP repose massivement sur le PoE (Power over Ethernet), cette technologie qui permet d'alimenter les caméras directement via le câble réseau, sans avoir à tirer une alimentation séparée. C'est un confort réel à l'installation, mais cela ajoute des exigences supplémentaires sur le câble lui-même.
PoE et résistance de boucle
Lorsqu'une caméra est alimentée via le câble réseau, le courant qui circule génère une chute de tension proportionnelle à la résistance du câble. Sur un câble de mauvaise qualité — ou sur un câble dit "CCA" (Copper Clad Aluminium, où l'âme est en aluminium recouvert de cuivre) — cette résistance est bien supérieure à celle d'un vrai câble cuivre, ce qui peut entraîner une alimentation insuffisante de la caméra, voire une impossibilité de démarrage.
Le standard PoE IEEE 802.3af fournit jusqu'à 15,4 W par port ; le PoE+ (802.3at) monte à 30 W, et le PoE++ (802.3bt) atteint 60 à 90 W pour les caméras PTZ motorisées ou les caméras thermiques. Pour ces niveaux de puissance, un câble cuivre massif certifié Cat6 est impératif. Les câbles CCA, bien que moins chers, sont à éviter absolument pour les installations PoE — et malheureusement, on en trouve encore beaucoup sur le marché sous des emballages qui n'affichent pas clairement la composition de l'âme.
La limite des 100 mètres
La règle des 100 mètres maximum entre le switch et l'équipement terminal est fondamentale et souvent mal comprise. Cette limite inclut la totalité du chemin : câble en infrastructure, cordons de brassage et cordons de connexion à l'équipement. Un câble de 90 mètres avec deux cordons de 5 mètres chacun est déjà à la limite. Au-delà, les performances chutent : perte de signal, erreurs de transmission, instabilité de l'alimentation PoE.
Pour dépasser cette limite, plusieurs solutions existent. Les switches intermédiaires PoE permettent de relayer la connexion tous les 100 mètres. La fibre optique est l'alternative idéale pour les longues distances (plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres) avec des convertisseurs media aux deux extrémités. Sur les caméras Dahua et Hikvision, il existe d'ailleurs des modèles équipés directement d'un port SFP pour connexion fibre, ce qui simplifie considérablement les installations sur de grands périmètres.
Un exemple concret : lors d'un chantier dans un domaine viticole du Médoc, nous devions relier des caméras positionnées à l'entrée du domaine à un NVR situé dans les chais, à plus de 200 mètres. La solution retenue : une fibre monomode enterrée avec un convertisseur à chaque extrémité et un switch PoE intermédiaire dans un coffret étanche. Résultat : une installation parfaitement stable, sans aucune perte de signal, depuis trois ans.
Les erreurs de sertissage, un problème sous-estimé
Enfin, un point souvent négligé : la qualité du sertissage des connecteurs RJ45 aux extrémités du câble. Un câble Cat6 parfaitement choisi peut voir ses performances divisées par deux si le sertissage est mal réalisé — paires non suffisamment dégainées, torsion détruite sur une longueur trop importante, connecteur de qualité insuffisante. En Cat6a et au-delà, les connecteurs sont spécifiques à la catégorie et ne sont pas interchangeables avec ceux du Cat5e. Sur nos chantiers, chaque câble posé est systématiquement testé avec un câblomètre certifié qui vérifie l'atténuation, le NEXT (diaphonie en tête de câble) et la continuité paire par paire.
Vous planifiez une installation de vidéosurveillance ? Demandez votre étude technique gratuiteConclusion
Le choix du bon câble RJ45 pour une installation de vidéosurveillance n'est pas une décision anodine. Entre les catégories (Cat5e, Cat6, Cat6a), les types de blindage (U/UTP, F/UTP, S/FTP), la composition de l'âme (cuivre massif vs CCA), les contraintes du PoE et la limite des 100 mètres, les variables sont nombreuses. Mais elles obéissent à une logique claire : choisir en fonction de la résolution des caméras, des distances à couvrir, de l'environnement électromagnétique et de la puissance PoE requise. Un câblage bien pensé dès le départ, c'est une installation stable pour dix ou quinze ans, sans mauvaise surprise.
Sources et références
- Anixter — Guide technique sur les catégories de câbles Ethernet
- Hikvision France — documentation technique des caméras IP et NVR
- Dahua Technology France — gamme de caméras et solutions de vidéosurveillance
- IEEE 802.3 — standards PoE (Power over Ethernet)
- Cabling Design — ressources sur les normes de câblage structuré ISO/IEC 11801
FAQ — Questions fréquentes sur les câbles RJ45 pour la vidéosurveillance
Pour des caméras 4K (8 mégapixels), le Cat6 est le minimum recommandé. Il offre une bande passante de 250 MHz et supporte des débits de 1 Gbps sur 100 mètres, ce qui est largement suffisant pour les flux vidéo 4K actuels en H.265. Pour les installations avec un grand nombre de caméras haute résolution ou des backbones réseau, le Cat6a (500 MHz, 10 Gbps) est préférable pour avoir de la marge à long terme.
Techniquement, le Cat5e supporte les caméras HD standard (2 à 3 mégapixels) sans problème, à condition que les distances restent inférieures à 100 mètres. Cependant, pour tout nouveau chantier, nous recommandons directement le Cat6 : l'écart de prix est faible et la marge de performances est nettement supérieure. Poser du Cat5e aujourd'hui, c'est risquer de devoir recâbler dans cinq ans avec l'essor des caméras 4K et 5 mégapixels comme standard d'entrée de gamme.
Le CCA (Copper Clad Aluminium) est un câble dont l'âme conductrice est en aluminium recouvert d'une fine couche de cuivre. Il imite visuellement un câble cuivre massif mais présente une résistance électrique bien supérieure. En vidéosurveillance, cela se traduit par une chute de tension excessive sur les longues distances, pouvant empêcher l'alimentation correcte des caméras via le PoE. Le CCA est à proscrire pour toutes les installations PoE, et de façon générale pour tout câblage structuré professionnel.
Pour une pose en extérieur, le blindage n'est pas toujours indispensable, mais la gaine doit impérativement être adaptée aux UV et aux intempéries (gaine PE ou double gaine). En revanche, si le câble chemine à proximité d'éclairages, de moteurs ou d'alimentations puissantes, un blindage global (F/UTP) est fortement recommandé. Dans les environnements industriels extérieurs, le F/UTP ou F/FTP est la norme.
Plusieurs solutions permettent de dépasser la limite des 100 mètres. La plus courante est l'installation d'un switch PoE intermédiaire dans un coffret étanche, qui relaie à la fois la connexion réseau et l'alimentation de la caméra. Pour les très longues distances (plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres), la fibre optique avec des convertisseurs media aux deux extrémités est la solution de référence. Certaines caméras Hikvision et Dahua sont également équipées de ports SFP permettant une connexion fibre directe.
L’avis de notre expert
Si je devais résumer en quelques lignes ce que vingt ans d’installations nous ont appris sur le câblage réseau en vidéosurveillance, ce serait ceci : le câble, c’est l’investissement le plus difficile à changer après coup. Une caméra, on peut la remplacer en une heure. Un switch, en vingt minutes. Un câble mal posé dans une cloison ou sous une chape béton, c’est un chantier.
Concrètement, notre recommandation pour la très grande majorité des projets en 2024-2025 : du Cat6 cuivre massif en U/UTP pour les environnements intérieurs propres, du Cat6 F/UTP blindé dès qu’il y a une source d’interférences à proximité ou une pose en extérieur, et du Cat6a F/FTP pour les dorsales internet. Évitez absolument les câbles sans marque ni certification, et méfiez-vous des câbles vendus à prix cassé — le CCA est le fléau des installateurs depuis dix ans.
Le PoE ajoute une exigence supplémentaire sur la qualité de l’âme cuivre. Ne jamais transiger là-dessus, surtout pour des caméras PoE+ ou des PTZ alimentés en PoE++. Et systématiquement tester chaque câble posé avant de fermer les cloisons.
Hedi, l’expert réseau chez Protech
FAQ — Questions fréquentes sur les câbles RJ45 pour la vidéosurveillance
Pour des caméras 4K (8 mégapixels), le Cat6 est le minimum recommandé. Il offre une bande passante de 250 MHz et supporte des débits de 1 Gbps sur 100 mètres, ce qui est largement suffisant pour les flux vidéo 4K actuels en H.265. Pour les installations avec un grand nombre de caméras haute résolution ou des backbones réseau, le Cat6a (500 MHz, 10 Gbps) est préférable pour avoir de la marge à long terme.
Techniquement, le Cat5e supporte les caméras HD standard (2 à 3 mégapixels) sans problème, à condition que les distances restent inférieures à 100 mètres. Cependant, pour tout nouveau chantier, nous recommandons directement le Cat6 : l'écart de prix est faible et la marge de performances est nettement supérieure. Poser du Cat5e aujourd'hui, c'est risquer de devoir recâbler dans cinq ans avec l'essor des caméras 4K et 5 mégapixels comme standard d'entrée de gamme.
Le CCA (Copper Clad Aluminium) est un câble dont l'âme conductrice est en aluminium recouvert d'une fine couche de cuivre. Il imite visuellement un câble cuivre massif mais présente une résistance électrique bien supérieure. En vidéosurveillance, cela se traduit par une chute de tension excessive sur les longues distances, pouvant empêcher l'alimentation correcte des caméras via le PoE. Le CCA est à proscrire pour toutes les installations PoE, et de façon générale pour tout câblage structuré professionnel.
Pour une pose en extérieur, le blindage n'est pas toujours indispensable, mais la gaine doit impérativement être adaptée aux UV et aux intempéries (gaine PE ou double gaine). En revanche, si le câble chemine à proximité d'éclairages, de moteurs ou d'alimentations puissantes, un blindage global (F/UTP) est fortement recommandé. Dans les environnements industriels extérieurs, le F/UTP ou F/FTP est la norme.
Plusieurs solutions permettent de dépasser la limite des 100 mètres. La plus courante est l'installation d'un switch PoE intermédiaire dans un coffret étanche, qui relaie à la fois la connexion réseau et l'alimentation de la caméra. Pour les très longues distances (plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres), la fibre optique avec des convertisseurs media aux deux extrémités est la solution de référence. Certaines caméras Hikvision et Dahua sont également équipées de ports SFP permettant une connexion fibre directe.

