Un devis de vidéosurveillance ou d'alarme ne devrait jamais arriver avant la visite du bâtiment. C'est pourtant ce que reçoivent beaucoup d'entreprises, de syndics et de commerçants : une liste de matériel, un montant, et rien qui explique pourquoi ce matériel, à cet endroit précis, dans cette configuration. Chez Protech Alarme Vidéo, tout projet démarre par une étude de site, un audit de terrain gratuit qui dure entre une et quatre heures selon la surface et la complexité du bâti. Cet article détaille les 7 étapes de cette démarche, ce que nous mesurons réellement sur place, les documents que nous produisons ensuite et les erreurs de dimensionnement que cette méthode permet d'éviter. Vous saurez précisément à quoi vous attendre le jour de notre venue.
Sommaire ►
- Étude de site sécurité : définition, objectifs et vue d'ensemble des 7 étapes
- Étapes 1 à 3 : du besoin exprimé au relevé terrain
- Étapes 4 et 5 : audit de l'infrastructure et schéma de protection
- Étapes 6 et 7 : conformité réglementaire et restitution du rapport
- Durée, coût et préparation : ce qui vous est demandé le jour J
- L'avis de notre expert
Étude de site sécurité : définition, objectifs et vue d'ensemble des 7 étapes
Une étude de site sécurité est un audit technique et réglementaire réalisé sur place par un installateur, avant toute proposition commerciale. Elle consiste à analyser les risques réels d'un bâtiment, à relever ses contraintes physiques, électriques et réseau, puis à définir un schéma de protection dimensionné en fonction de ces données. Son livrable est un rapport d'audit accompagné d'un plan d'implantation et d'un chiffrage détaillé, et non un simple devis matériel.
Le déroulé complet suit 7 étapes :
- Qualification du besoin : entretien de cadrage, historique des incidents, objectifs et budget.
- Analyse du risque : identification des points vulnérables, des modes opératoires probables et des biens à protéger.
- Relevé technique sur site : mesures de distances, de hauteurs, de luminosité, repérage des accès et des cheminements.
- Audit de l'infrastructure : réseau, alimentation, baie de brassage, câblage existant, matériel en place.
- Conception du schéma de protection : découpage en couches, choix des technologies, calcul des besoins de stockage et de bande passante.
- Cadrage réglementaire : RGPD, autorisation préfectorale, information des salariés, décision d'assemblée générale en copropriété.
- Restitution : rapport d'audit, plan d'implantation coté, chiffrage et planning d'intervention.
Pourquoi cette rigueur ? Parce que la très grande majorité des installations décevantes que nous reprenons ne souffrent pas d'un défaut de matériel, mais d'un défaut de conception. Une caméra 8 MP placée à 6 mètres de hauteur au-dessus d'une porte ne permettra jamais d'identifier un visage, quelle que soit sa fiche technique. Un détecteur de mouvement orienté vers une baie vitrée exposée plein sud déclenchera des alarmes intempestives jusqu'à ce que l'exploitant finisse par désarmer la zone. Un enregistreur dimensionné pour 15 jours alors que le règlement intérieur annonce 30 jours de conservation créera une non-conformité au premier contrôle.
L'étude de site est précisément l'étape qui empêche ces situations. Elle transforme une intuition (il nous faudrait des caméras) en une décision technique argumentée, documentée et défendable devant un assureur, un comité social et économique ou une assemblée générale de copropriété.
Demandez une étude de site gratuite pour votre bâtiment en Île-de-FranceÉtapes 1 à 3 : du besoin exprimé au relevé terrain
Étape 1. Qualification du besoin et cadrage du projet
Tout commence par un échange, généralement téléphonique, d'une vingtaine de minutes. L'objectif n'est pas de vendre, mais de comprendre ce qui déclenche la demande. Un projet de sécurité naît rarement d'une réflexion abstraite : il y a presque toujours un évènement déclencheur, une exigence d'assureur, une obligation contractuelle ou un changement d'usage du bâtiment.
Les questions posées à ce stade structurent toute la suite :
- Quel est l'élément déclencheur ? Une intrusion, des dégradations répétées, un départ de salarié avec un jeu de clés non restitué, une exigence de la compagnie d'assurance après sinistre.
- Quels biens ou quelles personnes protéger en priorité ? Un stock de valeur, des données, un parc de véhicules, du personnel travaillant en horaires décalés.
- Quel usage du système au quotidien ? Levée de doute par télésurveillance, consultation ponctuelle après incident, exploitation en temps réel par un poste de garde.
- Qui exploitera le système ? Un gardien, un dirigeant sur smartphone, un prestataire externe. La réponse conditionne le choix de l'interface autant que celui du matériel.
- Quelles contraintes de délai et de budget ? Un chiffre annoncé même approximatif évite de concevoir une solution hors de portée.
Nous demandons également, quand ils existent, les plans du bâtiment au format DWG ou PDF, le procès-verbal de la dernière assemblée générale pour une copropriété, ou les clauses sécurité du contrat d'assurance. Ces documents font gagner un temps considérable lors de la visite.
Étape 2. Analyse du risque et de la sinistralité
C'est l'étape que la plupart des installateurs sautent, et c'est probablement la plus déterminante. L'analyse de risque consiste à raisonner comme un intrus, puis à hiérarchiser les vulnérabilités selon leur probabilité et leur impact.
Concrètement, nous cartographions trois familles d'informations. D'abord l'historique interne : nature, date et horaire des incidents survenus sur le site depuis trois ans, avec les dépôts de plainte quand ils existent. Ensuite le contexte local : typologie de la délinquance dans le secteur, proximité d'axes de fuite rapide, présence de commerces sensibles à proximité immédiate. Enfin les modes opératoires probables : effraction sur menuiserie, escalade depuis un local technique mitoyen, intrusion par usage d'un badge cloné, vol interne pendant les heures ouvrées.
Cette analyse aboutit à un niveau de risque qui détermine ensuite le grade du système d'alarme. La norme NF EN 50131-1 définit quatre grades correspondant à quatre profils d'intrus :
- Grade 1 : risque faible, intrus sans connaissance particulière des systèmes d'alarme.
- Grade 2 : risque faible à moyen, intrus disposant de connaissances limitées et d'outils courants. C'est le niveau adapté à la majorité des habitations et des petits commerces.
- Grade 3 : risque moyen à élevé, intrus expérimenté maîtrisant les systèmes de sécurité et utilisant des outils électroniques. Niveau attendu sur la plupart des sites professionnels et tertiaires.
- Grade 4 : risque élevé, intrus disposant de moyens importants et préparant son action. Réservé aux sites sensibles, aux dépôts de forte valeur, à certains établissements bancaires.
À ce grade s'ajoute une classe environnementale, de I (intérieur chauffé) à IV (extérieur non abrité), qui conditionne le choix des détecteurs et leur indice de protection. Beaucoup de dysfonctionnements en extérieur viennent simplement d'un détecteur de classe II installé sous un auvent battu par la pluie.

Étape 3. Relevé technique sur site
La visite proprement dite commence par un tour complet du périmètre extérieur, avant même d'entrer dans le bâtiment. Nous parcourons les limites de propriété, les clôtures, les portails, les zones de stationnement, les quais de livraison et les points d'accès secondaires que personne ne mentionne jamais spontanément : trappe de toiture, soupirail de cave, porte de local poubelles communicante.
Ce que nous mesurons pendant ce relevé :
- Les distances et les hauteurs. Télémètre laser pour les portées, mesure des hauteurs sous plafond et des hauteurs de pose disponibles. C'est ce qui détermine le choix des focales.
- La luminosité réelle. Mesure en lux aux heures les plus défavorables, repérage des contre-jours (une caméra face à une baie vitrée orientée ouest devient inexploitable en fin de journée), présence d'éclairage public ou de détecteurs crépusculaires.
- Les niveaux de détail exigés par zone. C'est ici qu'intervient la norme EN 62676-4, qui définit la densité de pixels nécessaire selon l'objectif recherché : environ 25 px/m pour détecter une présence, 62,5 px/m pour observer une silhouette, 125 px/m pour reconnaître une personne connue et 250 px/m pour identifier formellement un visage inconnu. Dire « je veux voir les visages » implique donc 250 px/m sur la zone concernée, ce qui contraint fortement la focale et la distance de pose.
- Les matériaux et les contraintes de passage. Nature des cloisons, présence de faux plafonds accessibles, chemins de câbles disponibles, façades classées ou soumises à autorisation.
- Les flux et les usages. Horaires d'ouverture, circulation des livreurs, zones de fumeurs, portes maintenues ouvertes par habitude. Ces informations pèsent autant que les données techniques.
Nous photographions systématiquement chaque point de pose envisagé et chaque anomalie constatée. Ces clichés sont intégrés au rapport, ce qui permet à un décideur qui n'était pas présent de comprendre les préconisations.
Un projet de vidéosurveillance ou d'alarme ? Planifiez votre visite techniqueÉtapes 4 et 5 : audit de l'infrastructure et schéma de protection
Étape 4. Audit du réseau, de l'alimentation et de l'existant
Une installation de vidéosurveillance IP moderne est avant tout un projet réseau. Négliger cette dimension est la cause la plus fréquente des installations instables, avec des flux qui saccadent, des caméras qui redémarrent en boucle ou des enregistrements incomplets.
Nous auditons donc systématiquement :
- La baie de brassage et le switch. Nombre de ports disponibles, budget PoE total, norme supportée. Un switch annonçant 24 ports PoE n'alimente pas forcément 24 caméras : ce qui compte est le budget global en watts. Les normes IEEE 802.3af (15,4 W par port côté switch), 802.3at (30 W) et 802.3bt (jusqu'à 90 W) fixent le plafond par port, mais l'enveloppe globale du switch reste la contrainte réelle. Une caméra PTZ avec chauffage peut consommer à elle seule plus de 30 W en démarrage à froid.
- Le câblage existant. Catégorie du câble, longueur des liaisons (au-delà de 100 mètres, il faut un switch relais ou un extendeur), qualité des connectiques, présence de câble CCA au lieu de cuivre pur, qui provoque des chutes de tension invisibles au test mais fatales en PoE.
- Le débit montant disponible. Test réel de la connexion internet du site. Consulter à distance un flux 4 MP en pleine résolution demande environ 4 Mbit/s par caméra. Sur une ligne ADSL à 1 Mbit/s en émission, seule une exploitation en flux secondaire est envisageable, et c'est une information à donner avant la signature, pas après.
- L'alimentation électrique et les secours. Présence d'un tableau divisionnaire dédié, protection différentielle, onduleur, autonomie des batteries de la centrale d'alarme.
- La cybersécurité de l'existant. Versions de firmware, présence de mots de passe par défaut, exposition directe de l'enregistreur sur internet via redirection de ports. Des vulnérabilités critiques ont touché tous les grands fabricants, comme l'injection de commande CVE-2021-36260 sur certains produits Hikvision ou les contournements d'authentification CVE-2021-33044 et CVE-2021-33045 côté Dahua. Le sujet n'est pas la marque, mais la politique de mise à jour et la segmentation du réseau. Nous préconisons systématiquement un VLAN dédié à la vidéo, isolé du réseau bureautique.
Cas concret, plateforme logistique à Trappes (78). L'exploitant nous a sollicités avec une demande précise : 24 caméras sur 6 200 m² de surface couverte. L'audit réseau a montré que le switch en place disposait d'un budget PoE de 170 W, insuffisant pour alimenter 24 caméras extérieures équipées d'éclairage infrarouge. Surtout, le relevé terrain a révélé que huit positions demandées se recouvraient largement, tandis que le quai de chargement, zone de tous les litiges marchandise, n'était couvert qu'en densité « observation ». Le projet final a retenu 19 caméras Dahua WizSense, dont quatre positionnées et calculées pour atteindre 250 px/m sur les zones de manutention, un switch redimensionné à 370 W de budget PoE et un VLAN dédié. Moins de caméras, un coût matériel inférieur, et une couverture réellement exploitable en cas de litige.
Étape 5. Conception du schéma de protection
Avec l'ensemble de ces données, nous construisons un schéma de protection organisé en couches successives, du plus éloigné au plus proche du bien à protéger :
- Protection périmétrique : clôtures, portails, barrières infrarouges, caméras de détection en limite de propriété.
- Protection périphérique : contacts d'ouverture sur menuiseries, détecteurs de bris de vitre, rideaux infrarouges en façade. C'est la couche qui alerte avant l'entrée effective.
- Protection volumétrique : détecteurs de mouvement à l'intérieur des volumes, éventuellement à imageur pour la levée de doute.
- Protection ponctuelle : sécurisation d'un coffre, d'une armoire informatique, d'une réserve de valeur, par contact spécifique ou lecteur d'accès dédié.
À ce stade, nous calculons également le volume de stockage nécessaire. La formule est simple et mérite d'être connue : débit en Mbit/s × 86 400 secondes ÷ 8 ÷ 1 024 donne le volume quotidien en Go par caméra. Pour 16 caméras 4 MP en H.265 à un débit moyen de 4 Mbit/s, cela représente environ 42 Go par caméra et par jour, soit 675 Go quotidiens et près de 20 To pour 30 jours de conservation, avant même de tenir compte de la redondance RAID. Un enregistreur vendu avec 4 To ne tiendra pas la promesse contractuelle, et ce type d'écart se découvre trop souvent après la mise en service.
Le choix des technologies découle de ces contraintes, pas d'un catalogue. Une zone sans éclairage nocturne où l'on souhaite conserver la couleur orientera vers des capteurs à grande ouverture de type ColorVu chez Hikvision ou Full-Color chez Dahua. Un site avec de nombreuses alarmes intempestives liées à la végétation justifiera des algorithmes de classification humain/véhicule, présents sous les appellations AcuSense et WizSense. Pour l'alarme d'un bâtiment occupé où les travaux doivent rester minimes, un système radio supervisé de type Ajax Systems s'impose naturellement. Ces choix sont argumentés dans le rapport, jamais imposés.
Cas concret, siège d'une PME à Vélizy-Villacoublay (78). Le client souhaitait ajouter deux lecteurs de badge sur son système existant. L'audit de l'existant a révélé un bus Wiegand 26 bits, protocole non chiffré dont les trames circulent en clair et peuvent être capturées puis rejouées avec un matériel à moins de cinquante euros, sans aucune supervision de la ligne. Nous avons proposé une migration vers OSDP v2 en mode Secure Channel, normalisé sous la référence IEC 60839-11-5, qui apporte un chiffrement AES-128, une communication bidirectionnelle et la détection de coupure de ligne. Bonne nouvelle pour le budget : le câblage 4 paires existant a pu être réutilisé pour le bus RS-485, seuls les lecteurs et les badges ont été remplacés, avec un passage en MIFARE DESFire EV3.
Les 7 étapes d'une étude de site sécurité
Méthode d'audit Protech Alarme Vidéo, de la prise de contact à la remise du rapport
Qualification du besoin
Élément déclencheur, biens à protéger, mode d'exploitation, contraintes de délai et de budget.
Analyse du risque
Historique de sinistralité, modes opératoires probables, détermination du grade NF EN 50131.
Relevé technique sur site
Distances, hauteurs, mesures de luminosité, densité de pixels cible selon EN 62676-4.
Audit de l'infrastructure
Budget PoE, câblage, débit montant, alimentation secourue, firmwares et segmentation réseau.
Schéma de protection
Découpage en couches, choix des technologies, calcul du stockage et de la bande passante.
Cadrage réglementaire
RGPD et CNIL, autorisation préfectorale, information des salariés, vote en assemblée générale.
Restitution du rapport
Plan d'implantation coté, préconisations argumentées, chiffrage détaillé et planning.
Étapes 6 et 7 : conformité réglementaire et restitution du rapport
Étape 6. Cadrage réglementaire et juridique
Un système techniquement irréprochable mais juridiquement non conforme est une bombe à retardement. Les images deviennent inexploitables en justice, l'exploitant s'expose à une sanction de la CNIL et, en cas de litige prud'homal, la preuve issue d'un dispositif illicite est écartée. Cette étape n'est donc pas une formalité administrative ajoutée en fin de parcours, elle influence directement le plan d'implantation.
Les points systématiquement vérifiés :
- Le régime juridique applicable. Un dispositif filmant un lieu non ouvert au public (bureaux, entrepôt, parties privatives) relève du RGPD et se déclare au registre des traitements. Un dispositif filmant la voie publique ou un lieu ouvert au public relève du Code de la sécurité intérieure et nécessite une autorisation préfectorale délivrée après avis de la commission départementale, valable cinq ans.
- Le principe de minimisation. Les caméras ne doivent pas filmer en continu un poste de travail identifié, ni les espaces de pause, ni les sanitaires, ni les locaux syndicaux. En pratique, cela conduit très souvent à réorienter une caméra ou à définir un masquage dynamique. Nous le traitons au moment de la conception, jamais après la pose.
- L'information des personnes. Panneaux d'information conformes en extérieur et à chaque entrée, mention dans le règlement intérieur, note d'information aux salariés au titre de l'article L1222-4 du Code du travail.
- La consultation du CSE. L'article L2312-38 du Code du travail impose l'information et la consultation du comité social et économique préalablement à la mise en œuvre de moyens permettant un contrôle de l'activité des salariés. Un calendrier de projet qui ignore ce délai est un calendrier irréaliste.
- La durée de conservation. La CNIL considère qu'une durée de quelques jours suffit dans la plupart des cas et qu'un mois constitue un maximum à justifier. Cette durée détermine le volume de stockage, donc le budget matériel.
- La nécessité d'une analyse d'impact. Une AIPD est requise pour les dispositifs de surveillance systématique à grande échelle, notamment lorsqu'ils portent sur des zones accessibles au public ou qu'ils sont couplés à de l'analyse comportementale ou de la lecture de plaques.
- Le cadre de la copropriété. L'installation d'un système de vidéosurveillance ou de contrôle d'accès dans les parties communes doit être votée en assemblée générale, à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965, avec possibilité de second vote selon l'article 25-1 si la première résolution recueille au moins un tiers des voix.
Cas concret, copropriété de 84 logements à Sartrouville (78). Après une série de vols de vélos et de deux-roues motorisés, le conseil syndical avait budgété douze caméras dans les niveaux de parking. Notre étude a suivi une autre piste. Le relevé a montré que la porte du hall se refermait sans verrouillage effectif à cause d'un ferme-porte déréglé, que le système de badges reposait sur une technologie clonable en quelques secondes, et que le portail du parking restait ouvert 45 secondes après passage, laissant largement le temps à un piéton de s'introduire derrière un véhicule. Le projet retenu a combiné six caméras positionnées sur les seuls points de passage obligés, une reprise complète du contrôle d'accès et une temporisation de portail ramenée à 18 secondes avec détection de présence. Le budget final s'est établi en dessous de l'enveloppe initiale, et la résolution est passée sans difficulté en assemblée générale parce qu'elle était appuyée sur un rapport documenté.

Étape 7. Restitution, plan d'implantation et chiffrage
La restitution intervient généralement sous cinq à dix jours ouvrés après la visite. Elle prend la forme d'un dossier qui comprend :
- Une synthèse de l'analyse de risque, avec les vulnérabilités identifiées classées par niveau de priorité.
- Un plan d'implantation coté, reprenant l'emplacement de chaque équipement, les angles de champ, les focales retenues, les hauteurs de pose et les cheminements de câbles.
- La justification technique de chaque choix : pourquoi cette focale, pourquoi ce grade d'alarme, pourquoi ce protocole de contrôle d'accès.
- Le volet conformité, avec la liste des démarches à engager et les modèles de documents à produire.
- Un chiffrage détaillé poste par poste, séparant matériel, main d'œuvre, câblage et maintenance, ainsi qu'une option de phasage si le budget doit être étalé.
- Un planning prévisionnel tenant compte des délais réglementaires et des contraintes d'exploitation du site.
Ce dossier vous appartient. Vous pouvez le soumettre à votre assureur, le présenter en assemblée générale, ou le mettre en concurrence auprès d'autres installateurs. C'est d'ailleurs le meilleur test de sérieux d'une étude : si elle n'est exploitable qu'avec l'entreprise qui l'a produite, c'est qu'il s'agissait d'un argumentaire commercial déguisé.
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Combien de temps prévoir ? Comptez environ une heure pour un logement ou un local commercial de moins de 200 m², deux à trois heures pour un bâtiment tertiaire ou une copropriété, et une demi-journée pour un site industriel, un entrepôt ou un ensemble multibâtiments. Sur les sites très étendus, nous privilégions deux visites courtes, dont une en conditions nocturnes, plutôt qu'une seule visite en pleine journée qui masquerait les problèmes d'éclairage.
Combien cela coûte ? L'étude de site est gratuite et sans engagement chez Protech Alarme Vidéo, y compris pour les projets qui n'aboutissent pas. Nous considérons qu'un audit facturé introduit un biais : l'installateur devient juge et partie sur la nécessité même des équipements qu'il préconise. Seuls les audits de conformité approfondis avec rapport normatif détaillé, demandés par certains assureurs ou dans un cadre contentieux, font l'objet d'une prestation dédiée.
Pour que la visite soit productive, quelques éléments préparés à l'avance changent tout :
- Les plans du bâtiment, même anciens ou approximatifs.
- La liste des incidents survenus avec dates et circonstances, ainsi que les dépôts de plainte.
- Les clés et codes d'accès à tous les locaux, y compris les locaux techniques, la toiture et les caves.
- Les identifiants du matériel existant si un système est déjà en place, ou le nom de l'installateur précédent.
- La présence, si possible, de la personne qui exploitera le système au quotidien. Son retour d'usage vaut souvent plus que le cahier des charges.
- Les clauses sécurité du contrat d'assurance, qui imposent parfois un niveau de certification NF A2P précis.
Une précision utile : nous ne demandons jamais de signature le jour de la visite. Un projet de sécurité engage un bâtiment pour dix à quinze ans, il mérite une décision prise à froid, dossier en main.

L'avis de notre expert
« En vingt ans de terrain, le schéma qui revient le plus souvent est toujours le même : un client qui a été déçu par une première installation et qui pense que la solution consiste à acheter du matériel plus cher. Neuf fois sur dix, ce n'est pas le problème. Le capteur était bon, c'est le positionnement, l'objectif attendu ou le dimensionnement du stockage qui étaient faux. Une caméra à 900 euros mal placée voit moins bien qu'une caméra à 250 euros correctement calculée.
Ce que j'ai appris à faire différemment avec les années, c'est passer plus de temps à écouter et moins à proposer. Quand j'arrive sur un site, ma première question n'est pas “où voulez-vous des caméras ?” mais “qu'est-ce qui s'est passé exactement, et à quelle heure ?”. Les réponses orientent vers des solutions qui n'ont parfois rien à voir avec la demande initiale. Il m'est arrivé de conclure une étude en recommandant de remplacer un cylindre de serrure et de régler un ferme-porte, pour un montant dérisoire, plutôt que d'installer le système que le client était venu chercher. Nous n'avons pas vendu grand-chose ce jour-là. Ce client nous a rappelés deux ans plus tard pour équiper trois autres sites.
Le dernier conseil que je donne systématiquement : demandez toujours à voir le plan d'implantation avant de signer, et faites-vous expliquer ce que chaque caméra doit permettre de faire. Détecter, reconnaître ou identifier ne sont pas des synonymes, ce sont trois exigences techniques différentes avec trois budgets différents. Un installateur qui ne fait pas cette distinction avec vous ne l'a pas faite non plus dans son dimensionnement. »
Sébastien, responsable bureau d'études chez Protech Alarme Vidéo
Conclusion
Une étude de site sécurité n'est pas une visite de courtoisie avant devis, c'est la phase qui détermine si votre installation sera réellement exploitable le jour où vous en aurez besoin. Les 7 étapes décrites ici, de la qualification du besoin à la remise du rapport, poursuivent un objectif unique : remplacer les approximations par des mesures et les habitudes par des choix argumentés. Analyse de risque, densité de pixels, budget PoE, volume de stockage, cadre réglementaire, tout se tient. C'est aussi ce qui explique qu'un même bâtiment puisse recevoir deux propositions radicalement différentes selon que l'installateur a pris le temps de l'auditer ou non. Chez Protech Alarme Vidéo, nous ne chiffrons jamais un projet sans être venus le voir, et notre étude reste gratuite parce qu'elle bénéficie autant à votre décision qu'à notre travail.
Sources et références
- CNIL — Vidéosurveillance et vidéoprotection : règles applicables et obligations des responsables de traitement
- Légifrance — Code de la sécurité intérieure, dispositions relatives à la vidéoprotection
- Légifrance — Code du travail, articles L1222-4 et L2312-38
- CNPP — référentiels APSAD et certification des systèmes de détection d'intrusion et de vidéosurveillance
- AFNOR — normes NF EN 50131 (systèmes d'alarme intrusion) et EN 62676 (systèmes de vidéosurveillance)
- ANSSI — recommandations de sécurisation des équipements et des réseaux industriels
- Hikvision France — documentation technique des gammes AcuSense et ColorVu
- Dahua Technology France — documentation technique des gammes WizSense et Full-Color
- Ajax Systems — spécifications des systèmes d'alarme radio professionnels
FAQ — Questions fréquentes sur l'étude de site sécurité
La visite technique dure environ une heure pour un logement ou un local commercial de moins de 200 m², deux à trois heures pour un bâtiment tertiaire ou une copropriété, et une demi-journée pour un site industriel ou multibâtiments. Le rapport d'audit complet, avec plan d'implantation et chiffrage, est remis sous cinq à dix jours ouvrés. Sur les sites étendus, une seconde visite en conditions nocturnes est souvent programmée pour valider les niveaux d'éclairage.
Chez Protech Alarme Vidéo, l'étude de site est gratuite et sans engagement, y compris si le projet n'aboutit pas. Seuls les audits de conformité approfondis avec rapport normatif détaillé, demandés par un assureur ou dans un cadre contentieux, font l'objet d'une facturation spécifique. Le rapport remis reste votre propriété et peut être présenté à d'autres prestataires.
Rassemblez si possible les plans du bâtiment, la liste des incidents survenus avec leurs dates et circonstances, les clés et codes d'accès de tous les locaux y compris techniques, les informations sur le matériel déjà installé et les clauses sécurité de votre contrat d'assurance. La présence de la personne qui exploitera le système au quotidien est également très utile, son retour d'usage oriente souvent les préconisations.
Parce que le niveau de risque détermine le grade du système selon la norme NF EN 50131, qui va du grade 1 pour un risque faible au grade 4 pour un site sensible. Elle détermine aussi le niveau de détail attendu de chaque caméra selon la norme EN 62676-4 : détecter une présence demande environ 25 pixels par mètre, identifier formellement un visage en demande 250. Sans cette analyse, le matériel est choisi au hasard et coûte soit trop cher, soit trop peu pour être utile.
Oui, la conformité fait partie intégrante de l'étude. Nous déterminons le régime applicable selon que le dispositif filme un lieu privé, un lieu ouvert au public ou la voie publique, ce dernier cas nécessitant une autorisation préfectorale valable cinq ans. Nous vérifions également la durée de conservation retenue, la nécessité éventuelle d'une analyse d'impact, l'information des salariés et la consultation du comité social et économique, ainsi que le vote en assemblée générale pour les copropriétés.

