Sur un projet de contrôle d'accès, tout le monde se passionne pour le lecteur de badge, l'application mobile et la remontée des logs. Presque personne ne s'intéresse à la pièce de métal qui retient réellement la porte. C'est pourtant elle qui décide si le système tiendra dix ans ou si votre gardien recevra un appel tous les quinze jours parce qu'une porte ne se referme plus. Chez Protech Alarme Vidéo, la moitié des interventions correctives que nous réalisons sur des installations posées par d'autres ne concernent ni le lecteur ni la centrale, mais l'organe de verrouillage : une gâche montée sur une porte qui travaille, une ventouse sous-dimensionnée sur un vantail lourd, un boîtier vert câblé au mauvais endroit. Voici comment nous choisissons, porte par porte, entre une gâche électrique, une ventouse électromagnétique et une serrure motorisée.
Sommaire ►
- Gâche électrique, ventouse ou serrure motorisée : ce que fait chaque organe
- Sécurité des personnes ou sécurité des biens : le critère qui tranche presque toujours
- Comparatif technique : force de maintien, consommation et contraintes de pose
- Notre méthode de choix en cinq questions, illustrée par trois chantiers
- L'avis de notre expert
Gâche électrique, ventouse ou serrure motorisée : ce que fait chaque organe
Un organe de verrouillage est le dispositif qui maintient physiquement une porte fermée et que le système de contrôle d'accès pilote électriquement. Il existe trois grandes familles, et elles ne reposent pas du tout sur la même mécanique.
La gâche électrique
Une gâche électrique remplace la gâche mécanique encastrée dans le dormant, c'est-à-dire la pièce dans laquelle vient se loger le pêne de la serrure. Sa partie mobile, appelée têtière ou lame basculante, est retenue par un électroaimant ou par un solénoïde. Quand le contrôle d'accès envoie l'impulsion, la lame se libère, le pêne demi-tour s'échappe et la porte s'ouvre d'une simple poussée. La serrure mécanique reste en place et continue de fonctionner normalement à la clé.
Deux modes de fonctionnement existent, et confondre les deux est l'erreur de conception la plus fréquente du métier :
- La gâche à émission de courant est verrouillée hors tension et se libère quand on l'alimente. C'est le principe dit fail secure : une coupure de courant laisse la porte fermée. Elle ne consomme que pendant l'impulsion d'ouverture, soit une fraction de seconde.
- La gâche à rupture de courant est verrouillée tant qu'elle est alimentée et se libère dès que l'alimentation est coupée. C'est le principe fail safe : une coupure de courant ouvre la porte. Elle consomme en permanence.
Certains modèles ajoutent une mémoire mécanique, qui maintient la lame déverrouillée après l'impulsion jusqu'à ce que la porte soit effectivement ouverte, ainsi qu'un levier de déverrouillage manuel utile pour les livraisons ou le passage des services techniques.
La ventouse électromagnétique
Une ventouse électromagnétique, souvent appelée maglock, n'a aucune pièce mobile. Elle se compose d'un électroaimant fixé au dormant, généralement en applique sous la traverse haute, et d'une plaque métallique appelée contreplaque ou armature, fixée sur le vantail. Sous tension, le champ magnétique plaque l'armature contre l'aimant avec une force de maintien exprimée en décanewtons. Hors tension, la porte s'ouvre librement.
Une ventouse est donc, par construction, un dispositif fail safe. C'est à la fois sa plus grande qualité réglementaire et sa principale faiblesse en matière de protection des biens : une coupure de courant ouvre l'accès, ce qui impose une alimentation secourue dès que l'enjeu de sûreté est réel.
La serrure motorisée
Une serrure motorisée est une serrure mécanique complète dont un moteur électrique entraîne les pênes. On y trouve aussi bien des serrures à larder monopoint que des serrures multipoints à trois ou cinq points de condamnation, avec des pênes dormants qui pénètrent réellement dans le dormant et dans les gâches haute et basse. Là où la gâche libère un pêne demi-tour et où la ventouse exerce une simple attraction, la serrure motorisée réalise un verrouillage mécanique de même nature que celui d'une clé.
C'est la seule des trois familles qui apporte une véritable résistance à l'effraction, et donc la seule qui puisse être associée à une certification A2P pour répondre aux exigences d'un assureur. En contrepartie, son cycle d'ouverture dure une à trois secondes, son coût est nettement supérieur et sa pose exige un usinage précis du vantail.

Sécurité des personnes ou sécurité des biens : le critère qui tranche presque toujours
Avant même de parler de force de maintien ou de budget, il faut répondre à une question unique : que doit-il se passer sur cette porte le jour où le courant est coupé ? La réponse est rarement une préférence, c'est le plus souvent une obligation réglementaire.
Ce qu'impose la réglementation française
Dans les établissements recevant du public, le verrouillage des portes de sortie de secours relève de l'article CO 46 du règlement de sécurité du 25 juin 1980. Ce verrouillage n'est possible qu'après avis de la commission de sécurité, et sous trois conditions cumulatives que nous rappelons systématiquement en réunion de chantier :
- Chaque porte doit être équipée d'un dispositif de verrouillage électromagnétique conforme à la norme applicable, en pratique la NF S 61-937 relative aux dispositifs actionnés de sécurité.
- La commande doit se faire soit par un dispositif de commande manuelle à fonction d'interrupteur, le fameux boîtier vert à bris de glace, intercalé sur la ligne de télécommande et placé à proximité immédiate de l'issue, soit par un dispositif de contrôle d'issues de secours conforme à la NF S 61-934, avec des temporisations plafonnées à T1 de 8 secondes et T2 de 3 minutes. La temporisation T2 n'est admise que si l'établissement dispose d'un service de sécurité incendie.
- Le déverrouillage automatique doit être obtenu dès le déclenchement du processus d'alarme, dans les conditions de l'article MS 60.
Hors ERP, dans un immeuble de bureaux ou un local industriel, c'est le Code du travail qui s'applique. L'article R. 4227-7 impose que les portes des dégagements réglementaires s'ouvrent par une manœuvre simple, et qu'une porte verrouillée reste manœuvrable de l'intérieur sans clé ni outil pendant la présence des occupants. Au niveau produit, la norme NF EN 13637 encadre les systèmes de fermeture contrôlés électriquement destinés aux voies d'évacuation, avec ou sans temporisation, en complément des dispositifs d'urgence relevant de la NF EN 179 et des dispositifs anti-panique relevant de la NF EN 1125.
La conséquence pratique est simple. Sur une porte située sur un chemin d'évacuation, une gâche à émission de courant est proscrite, car une coupure d'alimentation laisserait la porte verrouillée. On utilise une ventouse, une gâche à rupture ou une serrure motorisée à fonction anti-panique, et le déverrouillage doit être garanti par trois voies indépendantes : la coupure d'alimentation, l'ordre du système de sécurité incendie et le boîtier vert local.
L'erreur de câblage que nous relevons le plus souvent
Le boîtier vert doit couper physiquement l'alimentation de la ventouse. Il se câble en série sur le fil positif, entre l'alimentation secourue et l'organe de verrouillage. Or, dans une installation sur quatre que nous auditons, il est raccordé sur une entrée logique de la centrale de contrôle d'accès, laquelle pilote ensuite un relais de sortie.
Le montage fonctionne parfaitement en démonstration, et il est dangereux. Si la centrale se fige, si son firmware plante, si le bus RS-485 tombe ou si la carte relais est défaillante, appuyer sur le boîtier vert ne produit strictement rien. La porte reste verrouillée. Un dispositif de mise en sécurité des personnes ne doit dépendre d'aucun automate programmable, d'aucun logiciel et d'aucune liaison de données. La règle tient en une phrase : l'ordre de sécurité passe par le cuivre, jamais par la logique.
Faites vérifier la conformité de vos issues verrouillées avant votre prochaine commission de sécurité- Fail secure en version à émission : reste verrouillée sans courant
- Consommation nulle au repos, 200 à 400 mA pendant l'impulsion
- Exige un alignement du pêne à moins de 2 mm près
- Discrète, encastrée dans le dormant, budget le plus bas
- Interdite en version à émission sur un chemin d'évacuation
- Fail safe par construction : s'ouvre dès la coupure de courant
- Consommation permanente de 250 à 500 mA selon la tension
- Aucune pièce mobile, tolérante aux jeux et à l'affaissement du vantail
- Contact de collage recommandé pour distinguer porte fermée et porte verrouillée
- Impose une alimentation secourue et un boîtier vert câblé en coupure directe
- Seule famille offrant une vraie résistance à l'effraction
- Pointe de 0,8 à 2 A pendant le cycle, quasi nulle au repos
- Verrouillage multipoints possible sur les vantaux de grande hauteur
- Cycle d'ouverture de 1 à 3 secondes, à anticiper sur les flux denses
- Pose exigeante : usinage du vantail et alignement des gâches
Les trois familles d'organes de verrouillage comparées sur la force de maintien, le comportement en coupure de courant, la consommation et les contraintes de pose.
Comparatif technique : force de maintien, consommation et contraintes de pose
Une fois le comportement en coupure de courant arbitré, le choix se joue sur quatre paramètres mesurables. C'est là que se situe l'essentiel des erreurs de dimensionnement.
La force de maintien et les normes applicables
Les gâches électriques et les serrures électromécaniques relèvent de la norme NF EN 14846, qui définit les exigences et méthodes d'essai portant sur la résistance, la sécurité, l'endurance et le fonctionnement de leurs composants électriques et électroniques. Les caractéristiques purement mécaniques, résistance au perçage, charges latérales, tenue à la corrosion, relèvent quant à elles de la NF EN 12209. Un produit sérieux affiche une classification complète, dont le chiffre d'endurance, qui va couramment de 100 000 à 1 000 000 de cycles. Sur une porte de hall traversée cent fois par jour, un modèle donné pour 100 000 cycles atteint sa limite théorique en moins de trois ans.
Pour les ventouses, la valeur clé est la force d'arrachement exprimée en décanewtons, mesurée en traction perpendiculaire. Nos repères de dimensionnement :
- 150 daN : porte intérieure légère, placard technique, portillon. Rarement suffisant sur un passage public.
- 300 daN : valeur de référence pour une porte intérieure de bureau, un hall de copropriété ou une porte vitrée en aluminium. C'est le format le plus posé en France.
- 500 à 600 daN : porte extérieure, vantail lourd, accès exposé à une tentative d'arrachement, ou porte soumise à des différentiels de pression dans les cages d'escalier.
Attention à un piège de lecture. La valeur annoncée suppose un contact parfait entre l'aimant et l'armature. Un défaut de planéité, un film de peinture, un joint interposé ou une armature légèrement voilée peuvent faire chuter la force réelle de trente à cinquante pour cent. Une ventouse 300 daN mal posée protège moins bien qu'une 150 daN posée dans les règles. Le montage de l'armature doit d'ailleurs conserver son léger débattement d'origine, généralement assuré par une rondelle élastique et une vis à téton, faute de quoi elle ne peut plus se plaquer correctement.
Le bilan de puissance, un calcul que trop peu d'installateurs font
C'est la différence la plus lourde de conséquences entre les trois technologies, et elle est presque toujours découverte trop tard, le jour de la première coupure EDF.
Prenons un cas réel de dimensionnement, six portes équipées en 12 V continu :
- Six ventouses 300 daN à 500 mA, soit 3 A en permanence.
- Six lecteurs à 120 mA, soit 0,72 A.
- Une centrale à 0,3 A.
- Consommation totale : environ 4 A en continu.
Avec une batterie de secours 12 V 7 Ah, l'autonomie théorique tombe à 1 h 45, et en pratique à un peu plus d'une heure une fois pris en compte le vieillissement et le rendement. Pour tenir quatre heures, il faut une capacité de l'ordre de 24 Ah. Passer l'ensemble en 24 V divise le courant par deux et ramène le besoin à environ 12 Ah, tout en réduisant les chutes de tension en ligne.
Le même site équipé de six gâches à émission de courant ne consomme quasiment rien au repos : seuls les lecteurs et la centrale sollicitent la batterie, soit environ 1 A, et la même batterie 7 Ah tient six à sept heures. C'est un argument décisif sur les sites peu ou pas secourus, et il explique pourquoi une architecture mixte est souvent la plus rationnelle.
La chute de tension en ligne, cause n°1 des déverrouillages fantômes
Une ventouse alimentée sous 12 V accepte généralement une tolérance de plus ou moins dix pour cent. Sous 10,8 V, le maintien devient aléatoire. Or le câble consomme sa part.
Pour une ventouse tirant 500 mA au bout de 40 mètres de câble en 2 × 0,75 mm², la résistance de la boucle aller-retour vaut 0,0175 × 80 / 0,75, soit environ 1,87 ohm. La chute atteint donc 0,93 V. Départ à 12 V, arrivée à 11,07 V : c'est encore acceptable. Mais en fin de décharge de la batterie de secours, la tête de ligne descend à 11 V, l'arrivée tombe à 10,07 V, et la porte se déverrouille toute seule au pire moment. En passant en 1,5 mm², la résistance descend à 0,93 ohm et la chute à 0,47 V. En 24 V, le courant est divisé par deux et la chute devient négligeable.
Deux autres précautions relèvent du même registre, et prennent chacune deux minutes à la pose :
- La diode de roue libre. Une ventouse comme une gâche est une charge inductive. À la coupure, elle renvoie une surtension de plusieurs centaines de volts vers le relais qui vient de s'ouvrir. Une diode de type 1N4007 montée en antiparallèle aux bornes de la bobine, cathode côté positif, absorbe cette énergie. Sans elle, les contacts du relais se collent au bout de quelques milliers de cycles, la centrale redémarre de façon aléatoire et le bus RS-485 se corrompt.
- La rémanence magnétique. Certaines ventouses d'entrée de gamme conservent un magnétisme résiduel après coupure et restent collées une fraction de seconde, parfois davantage par temps humide. Les modèles professionnels intègrent un circuit anti-rémanence. Sur une issue de secours, ce détail n'en est pas un.
Deux contacts qui ne disent pas la même chose
Sur une installation supervisée, il faut distinguer le contact de position de porte, qui indique que le vantail est refermé, et le contact de collage intégré à la ventouse, qui indique que l'armature est effectivement plaquée contre l'aimant. Une porte peut être fermée sans être verrouillée : vantail qui rebondit sur son joint, ferme-porte mal réglé, armature désaxée de trois millimètres. Seul le contact de collage détecte cette situation, et c'est lui qui permet de générer une alarme de porte non verrouillée sur les plateformes de supervision, qu'il s'agisse de HikCentral chez Hikvision ou de DSS chez Dahua.
Dernier point d'architecture, et il vaut pour les trois familles : le relais qui pilote l'organe de verrouillage ne doit jamais se trouver dans le lecteur. Un lecteur autonome installé côté extérieur avec son relais intégré se contourne en dévissant la platine et en shuntant deux fils, sans laisser de trace. La sortie de commande doit être portée par un contrôleur placé en zone protégée, le lecteur ne remontant que l'identifiant. C'est précisément l'un des apports du protocole OSDP, normalisé sous la référence IEC 60839-11-5, qui chiffre le dialogue lecteur-contrôleur et supervise la ligne en permanence, là où le Wiegand historique circule en clair et sans surveillance.

Notre méthode de choix en cinq questions, illustrée par trois chantiers
Sur une étude de site, nous ne raisonnons jamais bâtiment par bâtiment mais porte par porte. Chaque vantail reçoit une fiche, et cinq questions suffisent à orienter le choix dans la quasi-totalité des cas.
- La porte est-elle sur un chemin d'évacuation ? Si oui, le fail safe est obligatoire et la gâche à émission est éliminée d'emblée.
- Le vantail est-il stable dans le temps ? Une menuiserie aluminium de grande hauteur, une porte vitrée sans dormant traditionnel ou une porte exposée au vent travaillent. La gâche, qui exige un alignement du pêne au millimètre, y devient une source d'appels de maintenance.
- Quel est le niveau de risque effraction ? Un local à archives, une pharmacie de service, une salle serveur ou un stock de valeur appellent une serrure motorisée. Une porte de couloir n'en a aucun besoin.
- Quel est le flux quotidien ? Au-delà de cent cycles par jour, l'endurance déclarée selon la NF EN 14846 devient un critère de premier plan, et le temps de cycle d'une serrure motorisée peut créer une file d'attente aux heures de pointe.
- Quelle est l'autonomie exigée en coupure ? C'est ce paramètre qui, en amont, décide de la tension d'alimentation, de la capacité des batteries et parfois du choix technologique lui-même.
Copropriété à Montigny-le-Bretonneux : quand le problème n'est pas l'organe mais la porte
Un syndic nous a sollicités pour une résidence de 84 lots des Yvelines dont la porte de hall, une menuiserie aluminium à âme vitrée de 2,40 mètres, refusait de se verrouiller pendant les mois d'hiver. Le prestataire précédent avait déjà changé la gâche électrique à deux reprises, en montant chaque fois en gamme.
Le diagnostic a pris vingt minutes. La gâche n'avait jamais été en cause : le vantail s'affaissait de près de quatre millimètres sous son propre poids, écart amplifié en hiver par la contraction du profilé, et le pêne demi-tour arrivait sous la lame au lieu d'arriver en face. Deux options s'offraient au conseil syndical : reprendre les paumelles et poser une gâche à ouverture réglable, ce qui restait dépendant de la stabilité du vantail, ou changer de technologie.
Nous avons posé une ventouse 300 daN en applique sur la traverse haute, avec une armature montée sur rondelle élastique. Une ventouse tolère sans difficulté un désaxement de plusieurs millimètres, là où une gâche ne pardonne rien. L'alimentation a été reprise en 24 V pour absorber les 35 mètres de câble jusqu'au local technique, un boîtier vert a été installé côté intérieur en coupure directe et un bouton poussoir de sortie a été ajouté à hauteur réglementaire. Aucune intervention depuis, deux hivers plus tard. La leçon vaut d'être retenue : avant de remplacer un organe de verrouillage, il faut vérifier la porte qui le porte.
PME industrielle à Guyancourt : une architecture mixte et un boîtier vert mal câblé
Nous sommes intervenus l'an dernier sur le site d'une PME de mécanique de précision de 2 200 m² à Guyancourt, qui souhaitait étendre un contrôle d'accès existant de six à quatorze portes. L'audit préalable a révélé que le boîtier vert de l'issue donnant sur le parking était raccordé à une entrée de la centrale, laquelle commandait le relais de la ventouse. Nous avons fait le test devant le responsable de site : centrale hors tension, appui sur le boîtier vert, porte toujours verrouillée. Le silence dans le couloir a été plus convaincant que n'importe quel argumentaire.
L'architecture retenue mêle les trois familles, et c'est presque toujours le cas sur un site tertiaire ou industriel :
- Deux ventouses 500 daN sur les issues donnant à l'extérieur, avec boîtiers verts en coupure directe, report sur la centrale incendie et contacts de collage supervisés.
- Neuf gâches à émission de courant sur les portes de bureaux et de couloirs intérieurs, qui ne sont pas des dégagements réglementaires. Consommation au repos quasi nulle, ce qui a permis de conserver l'alimentation secourue existante.
- Trois serrures motorisées sur le magasin de matières, le local informatique et le bureau d'études, où le contrat d'assurance imposait un verrouillage mécanique effectif hors des heures ouvrées.
Le bilan de puissance final s'établit à 1,6 A au repos, contre 4,2 A si l'ensemble avait été équipé en ventouses. La différence a évité le remplacement complet du coffret d'alimentation et de ses batteries, soit une économie qui a financé à elle seule les trois serrures motorisées.
Laboratoire de biologie médicale à Tours : la contrainte du bloc-porte coupe-feu
Hors Île-de-France, un laboratoire d'analyses médicales d'Indre-et-Loire nous a consultés pour sécuriser l'accès à son plateau technique, séparé du reste des locaux par un bloc-porte coupe-feu une heure. La demande initiale portait sur une ventouse, solution la plus simple en apparence.
Elle était inapplicable en l'état. Poser un organe de verrouillage sur un bloc-porte certifié coupe-feu suppose que l'ensemble reste conforme à son procès-verbal de classement : le perçage du vantail, la nature de la quincaillerie et son mode de fixation ne sont pas libres. Nous avons retenu une serrure motorisée à fonction anti-panique compatible avec le procès-verbal du bloc-porte, associée à une béquille intérieure assurant la sortie libre par manœuvre simple, conformément à l'esprit de la NF EN 13637. Le contrôle d'accès pilote uniquement le déverrouillage extérieur, la sortie n'étant jamais conditionnée à un ordre électrique.
Trois ans plus tard, ce choix a également servi lors de l'audit de conformité du laboratoire, la traçabilité des accès au plateau technique étant devenue une exigence de son organisme accréditeur. Un verrouillage bien choisi ne règle pas seulement une question de sûreté : il conditionne la valeur probante de vos journaux d'accès.
Porte par porte, nos techniciens dimensionnent votre verrouillage et votre bilan de puissance
L'avis de notre expert
« La question que l'on me pose le plus souvent, c'est de savoir laquelle des trois technologies est la meilleure. Elle n'a pas de sens. J'ai vu des sites de trente portes entièrement équipés en ventouses parce que c'était plus rapide à poser, avec des coffrets d'alimentation qui chauffent, des batteries qui tiennent quarante minutes et des issues qui s'ouvrent toutes seules au premier orage. J'ai vu l'inverse aussi, des gâches à émission montées sur des sorties de secours par méconnaissance de la réglementation, ce qui est autrement plus grave. La bonne réponse est toujours une combinaison, et elle se construit porte par porte.
Ce que je conseille aux maîtres d'ouvrage, c'est d'exiger deux documents de leur installateur avant même le devis. D'abord un tableau des portes, avec pour chaque vantail sa nature, son statut vis-à-vis de l'évacuation, l'organe retenu et sa justification. Ensuite un bilan de puissance chiffré, avec le courant au repos, la capacité de batterie et l'autonomie qui en découle. Un professionnel sérieux les produit en une heure. Celui qui ne peut pas les fournir n'a pas fait l'étude, il a fait un chiffrage.
Et un dernier réflexe, valable même sur une installation ancienne dont vous êtes satisfait : allez appuyer sur vos boîtiers verts, centrale hors tension. Cela prend cinq minutes et cela vous dira, mieux que n'importe quel rapport, si votre installation protège vraiment les personnes qui se trouvent derrière ces portes. »
Conclusion
Le choix d'un organe de verrouillage n'est pas un arbitrage entre trois produits concurrents, c'est une décision qui se prend porte par porte, à partir du statut réglementaire du vantail, de sa stabilité mécanique, du risque effraction réel et de l'autonomie exigée en coupure de courant. La gâche électrique reste imbattable sur les portes intérieures stables, pour son coût et sa consommation nulle au repos. La ventouse s'impose sur les issues de secours et sur tous les vantaux qui travaillent, à condition d'être secourue correctement et de disposer d'un boîtier vert câblé en coupure directe. La serrure motorisée est la seule réponse crédible dès qu'un assureur ou un enjeu de valeur entre en jeu. Sur la grande majorité des sites que nous équipons, la solution juste combine les trois, et c'est le tableau des portes, pas le catalogue fournisseur, qui dicte la répartition.
Sources et références
- Légifrance — Article CO 46 du règlement de sécurité ERP : portes des sorties de secours et conditions de verrouillage
- Légifrance — Arrêté du 25 juin 1980, sous-section Sorties, articles CO 43 à CO 48
- Légifrance — Code du travail, articles R. 4227-4 et suivants : dégagements et manœuvre des portes
- AFNOR — NF EN 14846 : serrures et gâches électromécaniques, exigences et méthodes d'essai
- AFNOR — NF EN 13637 : systèmes de fermeture contrôlés électriquement sur voies d'évacuation
- CNPP — référentiels et certification A2P des dispositifs de verrouillage
- ANSSI — recommandations de sécurisation des systèmes de contrôle d'accès physique
- Hikvision France — documentation technique contrôle d'accès et plateforme HikCentral
- Dahua Technology France — documentation technique contrôle d'accès et plateforme DSS
FAQ — Questions fréquentes sur le choix d'un organe de verrouillage
La gâche électrique remplace la gâche mécanique du dormant et libère le pêne de la serrure lorsqu'elle reçoit une impulsion. La ventouse est un électroaimant sans pièce mobile qui plaque une armature métallique fixée sur le vantail. La différence pratique la plus importante concerne le comportement en coupure de courant : une gâche à émission reste verrouillée, une ventouse s'ouvre systématiquement. La ventouse tolère par ailleurs bien mieux les jeux et l'affaissement d'un vantail, là où la gâche exige un alignement du pêne au millimètre.
Pas en version à émission de courant, car une coupure d'alimentation laisserait la porte verrouillée. Sur un chemin d'évacuation, le dispositif doit s'ouvrir en l'absence de tension : ventouse conforme à la NF S 61-937, gâche à rupture ou serrure motorisée à fonction anti-panique. L'article CO 46 du règlement de sécurité ERP impose en outre un boîtier de commande manuelle près de l'issue et un déverrouillage automatique dès le déclenchement du processus d'alarme incendie.
Comptez 150 daN pour une porte intérieure légère, 300 daN pour une porte de bureau, un hall de copropriété ou une menuiserie aluminium vitrée, et 500 à 600 daN pour une porte extérieure, un vantail lourd ou un accès exposé à une tentative d'arrachement. Retenez que la valeur annoncée suppose un contact parfait entre l'aimant et l'armature : un défaut de planéité, un joint interposé ou une armature bloquée peut faire chuter la force réelle de trente à cinquante pour cent.
La serrure motorisée, seule famille qui engage réellement des pênes dormants dans le dormant et qui offre une résistance mesurable à l'effraction. C'est aussi la seule qui puisse être associée à une certification A2P, souvent demandée pour un local à archives, une réserve de valeur, une pharmacie ou une salle serveur. Une ventouse, même en 600 daN, protège contre l'ouverture mais reste un dispositif de contrôle d'accès, pas un dispositif anti-effraction.
En additionnant le courant au repos de chaque équipement. Une ventouse 300 daN consomme environ 500 mA en permanence sous 12 V, contre une consommation quasi nulle pour une gâche à émission qui ne tire du courant que pendant l'impulsion. Six ventouses, six lecteurs et une centrale représentent environ 4 A, soit un peu plus d'une heure d'autonomie réelle sur une batterie 7 Ah, et près de 24 Ah pour tenir quatre heures. Passer l'installation en 24 V divise le courant par deux et limite les chutes de tension sur les longues lignes.

